Se marier
à Oaxaca
Oaxaca n’est pas un décor, il y en a plusieurs. J’y ai documenté quatre mariages et une séance : le baroque doré de Santo Domingo (deux fois), la pierre zapotèque de Mitla, une cérémonie chamanique dans un couvent du XVIe siècle, et le Pacifique à Mazunte.
Quatre Oaxaca dans un même État
La plupart des guides traitent Oaxaca comme un seul lieu. Il y en a pourtant plusieurs. Sur les cinq fois où j’y ai travaillé, aucune ne ressemblait à la précédente : deux sous le retable doré de Santo Domingo, une autre parmi les murs zapotèques de Mitla, une autre encore était une cérémonie chamanique au copal et aux couronnes de fleurs dans un couvent du XVIe siècle, et une autre s’est terminée au lever du jour sur une plage du Pacifique.
C’est la vraie décision qui attend un couple qui veut se marier à Oaxaca : non pas si Oaxaca, mais quel Oaxaca. Ce qui suit, c’est ce que j’ai vu dans chacun — avec les heures réelles auxquelles les photos de cette page ont été faites.
Ce qui change selon le lieu
Comment se passe un mariage à l’église Santo Domingo ?
Les deux cérémonies que j’y ai documentées ont commencé à midi, et les deux fois la sortie s’est faite peu après treize heures. L’intérieur est un baroque doré qui couvre la voûte et les murs — l’un des espaces les plus imposants où j’aie travaillé, et la lumière qui entre par les côtés fait presque tout le travail. Le plus précieux n’est pourtant pas l’église elle-même, mais ce qui se passe à la sortie : le parvis est immense, et la calenda démarre là, avec la façade en pierre verte derrière.
Et se marier à Mitla ?
L’autre visage du même État. Le mariage de Mitla s’est déroulé en plein jour, entre onze heures et demie et quatorze heures et demie, et le décor est de la pierre zapotèque : murs à grecques, blocs taillés, rien de doré. La calenda est sortie dans les rues du village, avec les tiliches et les corbeilles de fleurs, et elle croise les gens qui vivent là. Si Santo Domingo est la solennité, Mitla est un mariage de village avec trois mille ans d’architecture derrière.
Qu’est-ce qu’une cérémonie chamanique dans un ancien couvent ?
Le mariage de la Quinta Real — l’hôtel occupe l’ancien couvent de Santa Catalina de Siena — avait une cérémonie chamanique : fumée de copal, couronnes de fleurs, huipiles, un autel posé au sol. Elle a commencé à treize heures trente dans le cloître et la fête a duré jusqu’après vingt et une heures. C’est la combinaison la plus improbable que j’aie photographiée : un rite d’origine indigène dans un bâtiment du XVIe siècle. Entre les deux, des piñatas et du papel picado au-dessus de la cour en milieu d’après-midi, et la chapelle allumée à la nuit tombée.
Peut-on combiner la ville et la côte ?
Oui, et je l’ai fait. Evelyn et Antonio se sont mariés à Mitla, et quelques mois plus tard nous avons fait leur séance sur deux jours : le premier dans le centre d’Oaxaca, au petit matin, et le second à Mazunte sur la côte pacifique, au lever du jour également. Ce sont deux paysages qui n’ont rien en commun et ils tiennent dans le même voyage — mais pas dans la même journée : il faut compter une nuit sur place entre les deux.
La calenda, ce qui rend un mariage à Oaxaca unique
Sur les cinq, quatre avaient une calenda. C’est le défilé qui descend dans la rue après la cérémonie : fanfare de cuivres, femmes portant des corbeilles de fleurs sur la tête, et une marmota, un grand globe de tissu imprimé au nom des mariés. Les gens du village ou du quartier se penchent aux fenêtres et se joignent au cortège.
Dans le centre d’Oaxaca sortent les monos de calenda, ces mannequins géants qui tournent sur une armature ; à Mitla et dans les vallées sortent les tiliches, entièrement couverts de bandes de tissu coloré, masqués et coiffés de chapeaux de palme. Photographiquement, c’est ce qui peut arriver de mieux dans une journée de mariage : personne ne pose, tout le monde est occupé à faire la fête, et la ville entière devient le décor.
À quelle heure photographier à Oaxaca
Le renseignement le plus utile de cette page : les photos du centre d’Oaxaca que vous voyez ici ont été faites entre 7h44 et 8h23 du matin. C’est pour cela que le parvis de Santo Domingo est vide et que la pierre a cette lumière. En milieu de matinée, ce même endroit est noir de monde.
À quelle heure faire les portraits dans le centre d’Oaxaca ?
Tôt, et plus tôt qu’on ne l’imagine. La séance à Santo Domingo s’est faite entre 7h44 et 8h23 du matin, et à cette heure-là le parvis est à vous : pas de touristes, pas d’étals, avec une lumière rasante sur la pierre. C’est la différence entre une photo avec l’église et une photo avec l’église et cinquante inconnus.
Et sur la côte ?
Plus tôt encore. Le lendemain, à Mazunte, nous avons travaillé entre 6h35 et 7h53. Sur le Pacifique le soleil monte vite et devient dur presque tout de suite ; cette heure et demie est la bonne fenêtre, et la plage est quasiment déserte.
Peut-on photographier en plein midi à Oaxaca ?
Oui, si le lieu le supporte. Le mariage de Mitla s’est déroulé de 11h30 à 14h30 sous un soleil au zénith, et cela a fonctionné parce que la pierre zapotèque et les couleurs d’une calenda n’ont pas besoin de lumière douce — au contraire, le contraste dur leur va bien. Dans un jardin ouvert, le même horaire serait bien plus difficile.
À quelle saison y suis-je allé ?
Les cinq fois, c’était en février, en mai, en juin et deux fois en septembre. Je ne vous dirai pas quel est « le meilleur mois » — je n’y ai pas assez travaillé pour l’affirmer — mais les photos de cette page couvrent ces quatre moments, et vous pouvez juger la lumière vous-même.
Comment je travaille là-bas
Êtes-vous d’Oaxaca ?
Non, et autant le dire clairement : je vis à Guadalajara et je me déplace à Oaxaca quand on me demande d’y photographier un mariage. Je ne suis pas le photographe local qui connaît chaque recoin de l’État. Ce que j’ai, ce sont cinq travaux complets dans quatre endroits différents d’Oaxaca, et l’habitude d’arriver dans un lieu qui n’est pas le mien et de m’en sortir — ce que je fais aussi en Bolivie, en France, en Belgique et en Colombie.
Faut-il choisir entre la ville et la côte ?
Pas forcément, mais il faut le prévoir. Le centre d’Oaxaca et Mitla se font dans la même journée ; la côte, non. Quand nous avons fait les deux, il y a eu une nuit entre les deux : la ville un matin, Mazunte le lendemain à l’aube. Si vous venez d’Europe pour vous marier ici, cette nuit-là n’est pas du temps perdu, c’est ce qui rend les deux paysages possibles.
Que conseilleriez-vous à un couple qui se marie à Oaxaca ?
De choisir d’abord quel Oaxaca il veut. Santo Domingo, un ancien couvent, un village des vallées ou la côte sont quatre mariages différents, avec des logistiques et des photographies différentes. Et de ne pas faire l’impasse sur la calenda : c’est ce qui empêche un mariage à Oaxaca de ressembler à n’importe quel autre.
Parlons de votre mariage à Oaxaca
Si vous avez déjà une date à Oaxaca — ou si vous hésitez encore entre la ville, les vallées et la côte — écrivez-moi et nous en parlons.
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